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 "Je danse donc je suis." Tel est le titre d'un petit livre de littérature de jeunesse que j'affectionne particulièremment, qu'une élève m'a fait connaître [Je danse donc je suis, Alain Foix, dessins d'El don Guillermo, éditions Gallimard jeunesse/Giboulées, 2007]. Pourtant, je n'hésite pas à transposer cette jolie formule en "Je suis donc je danse." La danse fait partie de ma vie depuis l'âge de 6 ans... et elle est devenue essentielle à mon existence au fur et à mesure des années... Elle m'a sinon guérie, du moins aguerrie. L'année 2008 a marqué pour moi une renaissance : sur ce miroir d'eau, je me suis sentie revivre, alors que depuis des semaines je dormais mal et peu, je perdais du poids, j'avais des vertiges, 9 de tension et j'étouffais. Je ne pouvais plus assister à mes deux cours/ateliers de danse contemporaine hebdomadaires. J'étais faible, je n'avais pas envie de prendre le tram ou plutôt j'en avais peur, je ne pouvais pas prendre la rocade non plus (mes mains tremblaient, transpiraient, mon coeur battait la chamade...). De janvier à mai, j'étais dans cet état - avec des moments de grande tristesse. Il faut dire que je préparais mon déménagement. Le 13 mai, attaque de panique, camion de pompiers, urgences, examens...rien. Et je pleurais, je pleurais. Je m'en voulais d'être là si à plat, je culpabilisais de ne pas pouvoir me réjouir de la vie, j'avais honte d'être une victime, j'avais peur qu'on me juge... Ce dimanche de mars, je me suis forcée à aller à un stage organisé et animé par Isabelle Lasserre, et une sortie en ville a été improvisée. Cet espace-temps a été pour moi une véritable respiration. Et j'ai senti que c'était cela dont j'avais besoin : danser, en toute liberté. Mais l'emménagement le 19 avril a été une épreuve pour moi...incomprise de presque tous. Alors quand mon médecin a écrit "EDM" (Episode Dépressif Majeur) sur l'arrêt de travail, j'ai été soulagée. Enfin on pouvait mettre un nom sur cette maladie - qui en est une. Après avoir beaucoup pleuré, beaucoup regardé des émissions sur le thème de la santé, beaucoup lu, dès que j'en ai eu la force, j'ai repris la danse... pour 5 ans plus tard devenir danse-thérapeute, ou, pour les puristes, art-thérapeute par le mouvement dansé.

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Et puis j'ai fait danser mes élèves... Ils n'ont pas eu le choix ! 

- Mes premiers élèves niortais ont eu droit à 10 séances avec une danseuse chorégraphe dont j'ai oublié le nom làtoutdesuitemaintenant. Elle était enceinte de 8 mois et avait une énergie folle.

- Mes CM2 du Taillan-Médoc ont présenté une chorégraphie plutôt modern'jazz/hip-hop sur un titre de Madonna.

- Mes élèves d'une école bordelaise ont dansé sur West Side Story - en noir&noir, blanc&blanc, noir&blanc. Une de mes collègues avait dit "Bravo pour la chorégraphie Nathalie!", j'avais apprécié, c'est pas souvent les compliments dans l'EN.

- Les élèves de l'école du Vieux Bordeaux ont participé à différents projets académiques : Les Hauts de Gar' dansent (spectacle à l'auditoium de Floirac) ; Danse-école (spectacle au Carré des Jalles) ; Danse-Opéra (spectacle au théâtre Fémina) / intervention d'Isabelle Lasserre ; Cartes postales chorégraphiques - L'art de la rencontre (Cie Montalvo-Hervieu) / projet interdisciplinbaire Danse & jardin.

- Dès que j'en ai la possibilité, en tant que remplaçante, je fais danser les petits, et même les tout-petits ! A ce propos-là j'étais en stage à La Maison de Nolan et des Familles de février à juillet 2013 et j'ai animé des ateliers d'art-thérapie par le mouvement dansé auprès de mères et de leurs jeunes enfants : des bébés de 7 mois ont dansé avec leur maman !

Tout le monde peut danser ! Tout le monde sait danser ! Il suffit d'en avoir envie ! Certains en ont même besoin - j'en suis ! Pour ceux-ci, à lire absolument : Le besoin de danser, France Schott-Billmann, éditions Odile Jacob, 2001. Et à voir, absolument, ce film documentaire merveilleux, sorti au cinéma le 12/12/12, aujourd'hui en DVD :

ANNA HALPRIN - LE SOUFFLE DE LA DANSE - Bande-annonce VO