La maîtrise de soi-même par l'autosuggestion consciente

Je viens de terminer la lecture de ce manuel d'optimisme, de psychologie positive dirait-on maintenant, publié aux éditions J. Oliven en 1962, qui relate la ((fort mal) connue)) méthode d'Emile Coué (1857-1926) pour s'autoguérir, il y a de cela un siècle. J'ai trouvé ce livre dans la boîte à lire de mon lotissement de banlieue bordelaise il y a quelques jours, alors que j'en avais bien besoin. Un grand merci à la personne qui a déposé ce petit trésor qui, quoique vieillot, fait part d'une théorie novatrice que les adeptes de l'art-thérapie et de la méditation de pleine conscience (dont je suis) pourraient jalouser, tellement c'est juste et tout-à-fait "raccord" avec notre époque branchée auto-médication et auto-hypnose.

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Non seulement la méthode [qui "n'est pas à comprendre mais à vivre"] du pharmacien de Nancy fut enseignée à "L'institut Coué d'éducation psychique" - fondé à Paris 7ème par Emile Coué en 1923 - mais elle revit aujourd'hui, quelques cent ans après... Et ce n'est pas étonnant, jugez plutôt :

* La parabole du semeur : "Les paroles sont le bon grain dont il s'agit de faire les semailles dans le champ de la subconscience [N'oublions pas que Coué est contemporain de Freud et du concept d'inconscient !]. Il en résulte une création de puissance de réalisations dans notre chair vivante." Philippe Rémy, administrateur de L'institut Coué, ajoute : "Il s'agit de cultiver le champ de la subconscience pour obtenir la germination mentale des images suggérées, c'est-à-dire apportées par la parole, et par suite leur floraison et leur fructification dans nos activités végétatives inconscientes."

* Vers 1910, on parle déjà de plasticité : "Le problème préalable consiste à s'entraîner au relâchement musculaire et à la passivité cérébrale, donc à supprimer la tension physique et l'attention mentale. Pas d'efforts, dit Coué." L'auto-suggestion consciente n'est pas une histoire de volonté mais d'imagination [On dirait visualisation actuellement]. Cette première étape en 4 points ("la préparation du terrain ou l'état de réceptivité") ne serait pas nécessaire aux enfants, parce qu'ils ont "une plasticité neuve et spontanée"...

- Les exercices respiratoires préalables : "Vous plaçant devant une fenêtre, assis aussi confortablement que possible, vous faites de longues aspirations [inspirations] et expirations, vous bouchant alternativement le bas des narines avec le petit doigt [cf. Technique de yoga]".

- Une page d'écriture : "Il ne s'agit pas de faire de la calligraphie, mais d'écrire chaque lettre lentement, sans effort, à la même hauteur et à la même vitesse. [...] Vous vous acheminerez ainsi vers un accroissement de relâchement musculaire et de passivité cérébrale." [Thérapie par l'écriture !]

- Le chant : "Le chant est une diversion - une suggestion qui, combinée avec les exercices respiratoires [Musicothérapie !], vous apportera le calme, l'apaisement, l'abandon de la résistance nerveuse et de la crispation." Et plus haut : "Chantez même et surtout si vous êtes triste."

- La chaise longue, "exercice bien connu avant Coué", précise P. Rémy : s'isoler 30 à 45 minutes, s'allonger, et faire en sorte que "votre cerveau soit comme une place publique. Laissez venir les idées [les pensées] qui se présentent et laissez-les partir de même. Soyez passif et indifférent." [Méditation/(Auto-)hypnose allongée]

La méthode Coué

* Les semailles d'images par le verbe ou l'ensemencement de la subconscience :

Une fois le "terrain" bien préparé, reste à prononcer, pour le malade comme pour le bien-portant, une vingtaine de fois, matin et soir, "avec les lèvres et juste assez haut pour que votre tympan soit frappé" la formule aristotélicienne suivante : "Tous les jours à tous points de vue je vais de mieux en mieux." Coué ajoute que le chapelet est obligatoire. Pour les "cas moraux" il faut créer des "réflexes", des "habitudes mentales", en choisissant des formules positives et progressives. [Psychologie positive] Concernant le traitement des douleurs, prononcez "ça passe" plusieurs fois...

* A aucun moment Emile Coué ne se prend pour un médecin, et il incite toujours les personnes à consulter et à prendre leurs médicaments. C'est ce que j'apprécie grandement également. Et enfin, quelque part dans le livre - je n'ai pas noté la page -, il parle du ventre comme étant le deuxième cerveau ! Un vrai précurseur donc ! Qui fut forcément acclamé puis décrié puis acclamé puis... En tout cas, j'ai fait une belle (re)découverte, et j'espère que vous aussi !

La méthode Coué

 Artistiquement vôtre,

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