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Ce matin, Mme C est arrivée avec un CD dont elle m'avait parlé lors d'une séance précédente. Après avoir médité avec C. André [Les émotions douloureuses, in Méditer jour après jour, aux éditions L'iconoclaste], je lui ai proposé d'écouter les 4 premiers morceaux de son CD Harmonie de Rion - Histoires landaises, qui relate le passage de la tempête Klaus, en janvier 2009, à Rion-des-Landes, village de plus de 2500 habitants situé à 30 minutes de la côte atlantique au coeur de la forêt landaise. Toujours dans un état méditatif, Mme C a écouté et s'est remémorée cet événement particulier pour tous ces Landais. Elle a commencé à verbaliser quelques souvenirs sur le troisième morceau. Je lui ai donc proposé de recommencer l'écoute et d'enregistrer ses paroles - et de les transcrire par écrit, ce qu'elle a gentiment accepté. Enfin, j'ai lu ses mots à haute voix et elle a dansé... Nous avons partagé un beau moment de vie, un bel instant d'émotions. Merci Madame !

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Voici donc la transcription, quasi-exhaustive, des paroles de Mme C pendant les 4 premiers morceaux du CD précité (1 -  Temps de paix ; 2 -  Tempête ; 3 - Temps de fête ; 4 - Danse de bête) :

"Il est bientôt 4 heures du matin. On attend l'arrivée de la tempête. On attend. 

Les premiers éléments qui commencent à se déchaîner. Elle grandit ; elle grandit ; ça souffle ; ça souffle. [...] Les branches qui traînent, les arbres qui se déracinent. Bruit des objets qui volent.

Voilà les pompiers qui vont au secours des gens, dégager les routes. Le creux de la tempête ; ça passe ; ça dure ; ça dure. Chutes d'arbres, de toutes sortes.

Puis le calme revient. On est stupéfaits par l'ampleur de cette tempête. Plus de lumière, plus de gaz. On découvre petit à petit. L'immensité des dégâts. Au petit matin. La désolation  partout, les voitures abîmées, défoncées. Pour beaucoup c'est un gros malheur. Les toitures défoncées. Maintenant il faut faire face. Essayer d'aider tout le monde.

Tout le monde s'agite, pour aller aider les uns, les autres. La solidarité se met en place. Parce qu'il y avait beaucoup de solidarité à ce moment-là. La vie reprend le dessus. Tout se remet en place. [La fête recommence.] Tous les gens qui viennent secourir tous les gens qui habitent dans la forêt, les bêtes doivent revenir un peu désorientées certainement.

Et cette nuit laissera beaucoup de traces dans la nature et dans les esprits..."

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Cela se passe de commentaires tellement c'est poétique... Mais nous travaillerons, dans un futur atelier, sur les graviers qui s'envolaient, au coeur de la tempête... Quand le dehors est agité, le dedans a du mal à rester calme. En effet, "on ne peut pas calmer une tempête, on ne peut que se calmer que soi-même."

Artistiquement vôtre,