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S'il est moins connu par le grand public que Christophe André, Fabrice Midal reste un spécialiste reconnu de la méditation laïque d'inspiration bouddhiste. Docteur en philosophie, Fabrice Midal est en effet l'un des chefs de file du bouddhisme occidental. Disciple de Chögyam Trungpa, il est le fondateur de l'école occidentale de méditation (en 2007). Il est aujourd'hui l'un des principaux enseignants de méditation ("maîtres de méditation") en France. Il est en outre l'auteur d'une oeuvre importante ; je vais vous présenter succinctement deux de ses ouvrages : un coffret intitulé "Pratique de la méditation" constitué d'un livre format poche, d'un CD comprenant six séances guidées et un DVD inédit de 30 minutes [éditions Le livre de poche - 13,90 euros l'ensemble !] et le petit bouquin "Petite philosophie des mandalas - Méditation sur la beauté du monde" [éditions du Seuil, collection Points / Vivre - 6,90 euros].

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 Un regard plus clair sur votre vie et sur le monde. Tel est le leitmotiv de Fabrice Midal. Son livre au format de poche intitulé "Pratique de la méditation" est constitué de douze chapitres : 1. Découvrir la méditation 2. Comment pratiquer la méditation ? 3. Neuf descriptions de ce qu'est la méditation 4. Cinq manières de découvrir la confiance grâce à la méditation 5. Pour aller plus loin : à la découverte de la présence nue 6. Quelques idées fausses sur la méditation 7. Quelques questions fréquentes sur le sens de la méditation 8. Méditation et spiritualité 9. Quel rôle peut jouer la méditation pour l'Occident aujourd'hui ? 10. Stress, santé et méditation* 11. Méditation et psychothérapies 12. Méditation et poésie. Il m'est très difficile de sélectionner des extraits de ce petit essai, tant ces quelques mots sont riches de sens.

* J'ai donc choisi de vous livrer le détail de la dixième partie, que vous lirez plus avant :

1) Les bénéfices potentiels : apprendre à être moins stressé ; prévenir les troubles cardiovasculaires ; renforcer le système immunitaire ; des effets positifs sur le traitement du cancer ; réduire l'hypertension ; favoriser une concentration et une attention plus soutenues ; améliorer les fonctions cognitives ; améliorer le sommeil 2) Pour approfondir la réflexion : des résultats à confirmer [qui se confirment de jour en jour] ; une certaine confusion sémantique [il est ici question de pleine conscience, de spiritualité, plus que de religion] ; la question du stress [la méditation de pleine cosncience est de plus en plus préconisée par les psychiatres, ces médecins de l'âme, pour lutter contre le stress, prévenir le burn-out et limiter les rechutes en cas de dépression].

Et puis je vais m'attarder un peu sur la partie "Méditation et psychologie positive", pages 175, 176 & 177 :

Tout comme l'art-thérapie s'appuie sur la partie saine de la personne, la psychologie positive "s'intéresse à ce qui rend les gens satisfaits et épanouis, analyse ce qui leur fait du bien, étudie ce qui permet de mieux aimer et être aimé, et montre comment cultiver de telles expériences. Elle révèle le rôle de la gratitude, de la bienveillance et de la générosité dans notre vie." La méditation, toujours d'après F. Midal, "joint [...] deux approches : nous confronter aux zones d'ombre et nous faire sentir que la bonté n'est pas une fiction. En ce sens, la méditation est un travail sur la réalité. Elle n'est pas un médicament visant à fabriquer artificiellement des états de conscience déconnectés de toute vérité. On ne guérit pas du réel. On se lie sainement à lui."

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"En réinterrogeant la sagesse de l'art occidental", Fabrice Midal "explore la manière dont la méditation aide à repenser les grandes questions de l'existence comme la liberté, la douleur ou encore l'amour." Selon l'auteur, "le mandala nous apprend à retrouver un monde, c'est-à-dire l'unité où nous pouvons nous poser et nous sentir à nouveau reliés aux êtres et aux choses." Ce qui signifie : "Lorsque nous dessinons ou contemplons un mandala, nous apprenons à unifier ensemble ce qui nous fait mal et ce qui nous éblouit, ce qui nous émerveille mais aussi ce qui nous fait peur." En mettant un mandala en couleurs, "nous ne cherchons pas à nous prémunir de la douleur, à vivre une expérience parfaite, mais nous cherchons à intégrer ensemble tous les aspects de l'existence de manière plus heureuse et juste."

Page 105 s'ouvre un chapitre sur "la lecture de Jung" qui fait du mandala "un symbole de l'âme humaine". [...] Par l'intensité de sa propre épreuve du mandala et par son effort pour tenter de percer à jour la vérité de la modernité, Jung est un témoin que cette figure, loin d'être une simple donnée psychologique, ou pire encore une figure anthropologique ou ethnographique particulière, liée à un contexte qui nous serait étranger, touche à la vérité de l'existence humaine.

J'aime quand Fabrice Midal nous dit "comment regarder l'oeuvre de Mondrian" (Le chaos ordonné, page 148), "comment regarder l'oeuvre de Pollock" (Danser sur l'abîme, page 157) ou encore "comment regarder l'oeuvre tardive de Jean Dubuffet (Le mandala comme "non-lieu", page 162). Mais ce que je préfère, c'est la partie intitulée "Le rayonnement de la couleur" (page 170), où l'auteur nous parle de Kandinsky, de Klee ou encore de Malevitch. 

Alors, le mandala, comme la danse (contemporaine), est-il une méditation en mouvement selon vous ?

http://www.ecole-occidentale-meditation.com

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Artistiquement vôtre,