10960128_1082563061757617_6188720603753790131_o

affiche_conference_bordeaux Richard Forestier, responsable du Centre d'Etudes Supérieures de l'Art en Médecine (Afratapem) - entre autres - donnera une conférence sur le métier d'art-thérapeute vendredi 27 février à l'hôpital Charles Perrens, l'hôpital psychiatrique de Bordeaux. J'ai hâte d'aller l'entendre et le voir, n'ayant pas eu une seule fois la chance de le cotoyer lors de ma formation théorique à Lyon, en 2011. Il s'est également exprimé il y a quelques jours sur RTL, de 15h à 16h, dans une émission de Flavie Flamand que vous pourrez écouter/regarder en replay. En attendant son prochain livre, voici le  repere_metier publié par l'école d'art-thérapie de Tours.

L'art-thérapeute est un professionnel du soin et de l'art. Son objectif est d'exploiter le potentiel artistique présent en chaque personne blessée de la vie dans une visée humanitaire et/ou thérapeutique. L'art-thérapeute est soumis au secret professionnel et suit un code de déontologie strict. Il prend soin de la personne dans un souci permanent de bien-être lié au plaisir de l'instant présent. Il se réfère à la "théorie des 3 B" développée par l'école d'art-thérapie de Tours : le Beau, le Bien et le Bon sont les trois piliers de l'art-thérapie. La gratification sensorielle, induite par l'activité artistique animée par un professsionnel bienveillant dans un cadre rassurant, conduit à la saveur existentielle. Si l'art-thérapie (classique ou moderne) peut être considérée comme une discipline paramédicale originale, l'art-thérapeute est quant à lui un aidant, un accompagnateur vers un mieux-être-au-monde. Il fait preuve d'empathie et d'écoute, d'authenticité et de chaleur humaine, de professionnalisme et de "neutralité bienveillante". Il fait usage d'humour et de métaphore. C'est un "soignant pas comme les autres" [cf. Edith Lecourt], "ni prof, ni psy".

Extrait de mon mémoire de D.U. d'Art-thérapie, faculté de médecine et de pharmacie de Poitiers, 2013 (pages 108/109) :

L'art-thérapeute accompagne donc le patient dans un processus de transformation de soi induit par l'activité artistique. En conséquence, on pourrait éventuellement imaginer trois étapes dans la prise en soin art-thérapeutique :

- une première étape, passive, réceptive, où impression, imprégnation, captation seraient les mots-clés et où le rôle de l'art-thérapeute serait celui d'un accompagnant ;

- une deuxième étape d'art-thérapie active où l'on resterait cependant dans la copie, la mimésis et où l'art-thérapeute jouerait le rôle d'aidant [Les coloriages anti-stress et autres mandalas s'inscriraient dans cette étape.] ;

- une troisième étape d'expression créatrice où l'heuristique serait le maître-mot et où l'art-thérapeute prendrait se véritable place de soignant.

L'art-thérapeute comme je le conçois est un caregiver qui contribue au bien-être, au mieux-être de l'être humain souffrant ou bienportant, en l'accompagnant sur son chemin vers la guérison, en prenant soin de lui. L'art devient alors un co-soignant.

L'idée de développement personnel reste selon moi présente en matière d'art-thérapie, notamment en prévention des risques psycho-sociaux. Ce n'est pas l'avis de R. Forestier à ma connaissance.

Pour ma part, j'ai été interviewée par une blogueuse anglaise sur l'art-thérapie et les cahiers de coloriages. Voici le site où apparaît l'interview en anglais : https://thepeeledeye.wordpress.com . Je ne retrouve plus mon original en français, mais si vous me le demandez, je ferai un effort ! Merci à vous ...

Artistiquement vôtre,

10548014_1082563931757530_6397621032768746679_o

Coloriages issu de Santé + Magazine, édité pour le 14 février 2015 (Adèle & moi)